Le bonheur perdu

 

J’ai découvert sans l’avoir su, mon bonheur

Il était là, tapi au fond de moi

Je l’avais en moi et je ne le savais pas

Je l’ai trouvé un jour sans savoir qui il était

Il est sorti si vite, comme un renard dans un fourré

Prudent comme un nouveau-né

Timide comme une jeune mariée

Je l’ai attrapé, et plus jamais lâché

J’avais trouvé, et je l’ai tu, mon bonheur

Il a grandi en moi à l ‘age de l’innocence

De mes moments de joie, il en était l’essence

Il me faisait rire, sourire, prendre goût à la vie

Et si parfois l’envie me prenait de partir

Il m’aidait en partie à croire en l’avenir

J’ai toujours su au fond que je n’étais jamais seul

Qu’une sorte d’ambition, m’aidait à franchir quelques seuils

J’étais guidé sans l’avoir vu, par mon bonheur

Partout comme un vrai compagnon il était près de moi

Et même dans l’abandon il me donnait la joie

Il était le bouffon et moi j’étais le roi

Dans ces moments, la solitude n’existait pas

Je respirais la vie à plein poumon

Rien ne troublait mon petit monde

Ma vie tourbillonnait en plein cœur d’une ronde

J’avais trouvé sans l’avoir cru, mon bonheur

Mais, dans les espoirs de mon enfance

Dans l’innocence de mon passé

Dans le trou noir de mes absences

Dans le silence de mes pensées

Et la souffrance d’un cœur brisé

Après avoir si longtemps cherché

J’ai par malheur perdu, mon bonheur.

 

Erick de Noailles.