Le beau matin

 

Dans la grisaille du matin, je regardais par la fenêtre

Le regard embrumé de sommeil, tournant la manivelle

J’étais absent, le lent mouvement de la persienne

Les yeux portant au loin, au-delà de ce qui paraît être

Je devinais la nature, qui semblait endormie et blême.

 

Cet arbre qui s’agite lentement sous la brise du matin

Comme si, lui aussi s’étonnait de voir bouger quelqu’un,

La grande cour vide, comme une autoroute sans fin

Au milieu d’un immense et solitaire désert de sable fin

S’étire paresseuse, et semble disparaître dans le lointain

 

Tous ces chênes qui l’entourent, puissants et tranquilles

Donnent l’impression de menacer quiconque oserait venir

Troubler le calme et la quiétude de ce moment paisible.

 Sous la caresse du vent matinal, ils frissonnent eux aussi.

Aucun son, aucun bruit, la vie semble encore endormie.

 

Soudain un oiseau chante, un autre s’envole brusquement

Un coq dans le lointain, d’un cri hésitant, porté par le vent,

 Semble avertir craintif, qu’un des plus grands évènements

Accompagnant la brise du matin, et en prenant son temps,

Prépare inexorablement le monde et son endormissement.

 

Brusquement, l’orient se teinte de rouge à travers les arbres

On les dirait s’embraser seuls au cœur d’une île de flammes.

Le soleil livre un combat victorieux contre les ténèbres du soir

De l’or glisse dans les chênes, quelques heures avant, blafards

Et au beau milieu du cercle de lumière, volent des ombres noires

 

Nuée frémissante, flottant au vent du matin, comme réanimée

Par la chaleur de l’astre lumineux, redonnant la vie au ciel d’été

Le battement de leurs ailes, comme alanguis par la nuit passée

Redevient vif et frétillant. Leurs petits cris de plaisir satisfaits

Redonnent au silence jusque là pesant, comme un air de gaieté

 

La vie paraît renaître en même temps que renaissent les couleurs

Les arbres s’agitent comme s’ils se remettaient à croire au bonheur

Dans la cour, quelques instants auparavant, sans vie et sans chaleur,

On peut voir s’envoler tous les oiseaux du parc, désormais sans peur.

Et… quelques secondes après… la nature sortit de sa torpeur…

 

Erick de Noailles.

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