Écriture cunéiforme

Écriture cunéiforme.

L’écriture

A quoi sert l’écriture

L’écriture est un moyen de communication qui représente le langage à travers l’inscription de signes sur des supports variés. C’est une forme de technologie qui s’appuie sur les mêmes structures que la parole, comme le vocabulaire, la grammaire et la sémantique, mais avec des contraintes additionnelles liées au système de graphies propres à chaque culture.

Dans les sociétés humaines émergentes, le développement de l’écriture est probablement lié à des exigences pragmatiques comme l’échange d’informations, la tenue de comptes financiers, la codification des lois et l’enregistrement de l’histoire.

Dans l’Égypte antique et en Mésopotamie, l’écriture a pu évoluer pour l’élaboration des calendriers et la nécessité politique de consigner les événements historiques et environnementaux.

Ainsi, l’écriture a joué un rôle dans la conservation de l’Histoire, la diffusion de la connaissance et la formation du système juridique.

Le résultat de l’écriture est généralement un texte dont le destinataire est le lecteur.

Première écriture

Le sumérien semble être la plus ancienne langue écrite connue (IVe et IIIe millénaires av. J.-C.), sous une forme d’écriture appelée le cunéiforme. Cette écriture a été plus tard reprise pour l’akkadien, l’ougaritique, l’amorrite et l’élamite, ainsi que par les rois égyptiens qui voulaient communiquer avec leurs provinces du Proche-Orient et les rois mésopotamiens.

Art litéraire – La poésie

La poésie est un genre littéraire très ancien, aux formes variées, écrites généralement en vers mais qui admettent aussi la prose, et qui privilégient l’expressivité de la forme, les mots disant plus qu’eux-mêmes par leur choix (sens et sonorités) et leur agencement (rythmes, métrique, figures de style). Sa définition se révèle difficile et varie selon les époques, au point que chaque siècle a pu lui trouver une fonction et une expression différente, à quoi s’ajoute l’approche propre à la personnalité de chaque poète.

Poésie s’écrivait jusqu’en 1878 poësie (le tréma marquait une disjonction entre les voyelles o et e). Le terme « poésie » et ses dérivés « poète », « poème » viennent du grec ancien ποίησις (poiesis), le verbe ποιεῖν (poiein) signifiant « faire, créer » : le poète est donc un créateur, un inventeur de formes expressives, ce que révèlent aussi les termes du Moyen Âge trouvère et troubadour. Le poète, héritier d’une longue tradition orale, privilégie la musicalité et le rythme, d’où, dans la plupart des textes poétiques, le recours à une forme versifiée qui confère de la densité à la langue. Le poète recherche aussi l’expressivité par le poids accordé aux mots comme par l’utilisation des figures de style et au premier chef des images et des figures d’analogie, recherchées pour leur force suggestive.

 

Ma sirène, son altesse

Ma sirène - Jeune fille mystère

Jeune fille mystère.

Ma sirène, son altesse

(Poème d’Erick de Noailles)

Ma sirène

Dans le vaste océan de la vie, j’ai rencontré un soir, une sirène exceptionnelle,
Une figure de proue, si jolie, aussi belle qu’une image rare, que l’on admire sans gêne.
Elle semblait braver toutes les tempêtes, s’enfonçant au ras des mers, pour ressortir plus fière.
Aucune vague ne semblait la distraire, on la disait faite de fer, solide, tranquille et ferme.

J’ai eu la chance de la côtoyer, oui de pouvoir lui parler, oser la déranger.
Elle, qui semblait toujours pressée, de son air doux m’a regardé, s’est immobilisée.
Elle a cessé sa fuite en avant, m’accordant un peu de temps, nous avons discuté.
Derrière elle soufflait encore le vent, il allait s’amoindrissant, puis il s’est arrêté.

Enfin dans le silence apaisant, elle m’offrit sa jolie voix, gracile comme du verre.
Je lui expliquai mon étonnement, lui dévoilant mon émoi, face à un tel mystère.
Comment pouvait-on être, à la fois, si forte, et aussi fragile qu’un cristal de bohème ?
J’appris que souvent, ce que l’on voit, n’est pas forcément facile, à faire ou à défaire.

Si elle fonçait si fort dans les vagues, c’était pour elle la seule voie, il fallait affronter.
Si toujours elle devait être là, c’est qu’elle n’avait pas le choix, faire face ou s’échouer.
Mais il y avait cette dualité, paraître forte comme l’acier ou être limitée.
Parer à toute éventualité, alors qu’elle ne rêvait, que de tranquillité.

Derrière l’apparente solidité, se cachait l’humanité, d’un être plein de tendresse.
Ce monument de volonté, cachait la fine fragilité d’une jeune fille en détresse.
De ses si jolis yeux rayonnants, émanait la douceur tendre d’une véritable altesse.
Son port de tête, naturel pourtant, confirmait innocemment l’ascendance d’une reine.

Envoyée brutalement, dans ce monde fait pour les grands, elle avait dû lutter.
Balancée tout aussi brusquement, dans la vie, sans expérience, elle devait se sauver.
Ses cheveux mi-longs couleur de geai, ajouté à sa beauté, ne pouvait qu’attirer
Sur elle, toutes les calamités, qu’une jeune fille sans attraits n’aurait su attiser.

Son altesse

Elle n’avait pas appris à pleurer, pourtant c’était dans les larmes, comme une pauvre princesse.
Qu’elle trouvait refuge et se cachait, déposant enfin ses armes, semblable à une guerrière.
Pensant ses plaies comme elle le pouvait, à la suite d’une bataille, dont elle devait renaître
Pendant de brefs moments, elle pensait ne plus avoir de courage, pour partir à la guerre.

Son pas volontaire en disait long, sa volonté l’emportait, sans cesse elle repartait.
Même si les autres étaient en surnombre, elle s’engageait sans savoir, que tout était truqué.
Tous ses ennemis étaient légion, son amour qui s’enfuyait, ses amis qui partaient,
Ses doux sentiments laissés pour compte, la tristesse qui revenait, son chagrin au rabais.

Comme un matador dans une arène, cernée de tous côtés, elle vivait sa hardiesse.
Elle faisait virevolter sa cape, et esquivait aux aguets, la charge sans mollesse,
De cette formidable montagne de haine, qui revenait sans arrêt, l’assaillir avec rudesse.
Elle avait appris d’El Cordobes lui-même, que l’on peut esquiver, et faire preuve de noblesse.

Puis ma belle sirène s’en est allée, bien trop jeune et trop blessée, j’aurais voulu l’aider
Mais mes fardeaux m’en ont empêchés, j’étais moi-même transpercé, de flèches empoisonnées
Si vos chemins devaient se croiser, dites-lui que toujours, mes pensées, lui seront adressées
Que jamais je ne pourrais l’oublier, que ma vie elle a marquée, toujours et à jamais.

Erick de Noailles.

Poésies d’Érick de Noailles

Erick de Noailles

Erick de Noailles.

Auteur de poésies, Erick de Noailles est de descendance roumaine par sa grand mère Anna-Élisabeth de Noailles.

 

Page en préparation…

 

Quelques poèmes d’Érick de Noailles (pour vous faire patienter).

 

L’amour tendresse

Un beau jour on s’ouvre à la vie
Tout paraît beau et lumineux
On apprend chaque chose et chaque envie
Tout est neuf et merveilleux
On passe d’une vie solitaire et sans amis
Á la richesse extraordinaire d’une vie à deux
Et même si la vie se charge de nos envies
Même si le temps rend moins beau et lumineux
Il reste un amour fort, un attachement solide
Une tendresse infinie qu’on peut lire dans ses yeux

Erick de Noailles.

 

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La femme qui s’éveille

Dans le jour qui se lève,
Tu sors lentement de ton sommeil.
Tes yeux clairs qui s’éveillent,
Chassent le dernier de tes rêves.
Tu renais à la vie consciente,
Comme si tu redoutais mon absence !
Tu cherches de ta main hésitante,
La preuve encore chaude de ma présence.
Quand tes doigts se posent enfin sur moi,
Tu soupirs doucement sans vraiment savoir pourquoi,
Tu te sens si heureuse de me savoir près de toi.
Puis quand mes lèvres se posent sur les tiennes,
Comme la caresse du vent dans la plaine,
Tu sais qu’enfin le jour se lève,
Et tu sors doucement de ton sommeil
Erick De Noailles

 

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Le bonheur

Il est partout autour de toi
Dans un sourire dans une voix
Derrière un mot ou une phrase
Dans un sanglot dans une larme
Derrière un geste de tendresse
Ou dans un reste de tristesse
Il ne se calcule pas
Il ne se demande pas
Il se découvre un jour
Grandit avec l’amour
Et même s’il se vit discrètement
Il n’en est que plus éclatant
C’est dans toutes ces couleurs
Qu’on reconnaît le bonheur

Erick de Noailles

 

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Le beau matin

Dans la grisaille du matin, je regarde par la fenêtre
Le regard embrumé de sommeil, tournant la manivelle
Je suis, absent, le lent mouvement de la persienne
Les yeux portant au loin, au-delà de ce qui paraît être
Je devine la nature, qui semble endormie et blême.
 
Cet arbre qui s’agite lentement sous la brise du matin
Comme si, lui aussi s’étonnait de voir bouger quelqu’un,
La grande cour vide, comme une autoroute sans fin
Au milieu d’un immense et solitaire désert de sable fin
S’étire paresseuse, et semble disparaître dans le lointain
 
Tous ces chênes qui l’entourent, puissants et tranquilles
Donnent l’impression de menacer quiconque oserait venir
Troubler le calme et la quiétude de ce moment paisible.
Sous la caresse du vent matinal, ils frissonnent eux aussi.
Aucun son, aucun bruit, la vie semble encore endormie.
 
Soudain un oiseau chante, un autre s’envole brusquement
Un coq dans le lointain, d’un cri hésitant, porté par le vent,
Semble avertir craintif, qu’un des plus grands évènements
Accompagnant la brise du matin, et en prenant son temps,
Prépare inexorablement le monde et son endormissement.
 
Brusquement, l’orient se teinte de rouge à travers les arbres
On les dirait s’embraser seuls au cœur d’une île de flammes.
Le soleil livre un combat victorieux contre les ténèbres du soir
De l’or glisse dans les chênes, quelques heures avant, blafards
Et au beau milieu du cercle de lumière, volent des ombres noires
 
Nuée frémissante, flottant au vent du matin, comme réanimée
Par la chaleur de l’astre lumineux, redonnant la vie au ciel d’été
Le battement de leurs ailes, comme alanguis par la nuit passée
Redevient vif et frétillant. Leurs petits cris de plaisir satisfaits
Redonnent au silence jusque là pesant, comme un air de gaieté
 
La vie paraît renaître en même temps que renaissent les couleurs
Les arbres s’agitent comme s’ils se remettaient à croire au bonheur
Dans la cour, quelques instants auparavant, sans vie et sans chaleur,
On peut voir s’envoler tous les oiseaux du parc, désormais sans peur.
Et… quelques secondes après… la nature sortit de sa torpeur…
 

Erick de Noailles.

 

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Le bonheur perdu

J’ai découvert sans l’avoir su, le bonheur
Il était là, tapi au fond de moi
Je l’avais en moi et je ne le savais pas
Je l’ai trouvé un jour sans savoir qui il était
Il est sorti si vite, comme un renard dans un fourré
Prudent comme un nouveau-né
Timide comme une jeune mariée
Je l’ai attrapé, et plus jamais lâché
J’avais trouvé, et je l’ai tu, le bonheur
Il a grandi en moi à l ‘age de l’innocence
De mes moments de joie, il en était l’essence
Il me faisait rire, sourire, prendre goût à la vie
Et si parfois l’envie me prenait de partir
Il m’aidait en partie à croire en l’avenir
J’ai toujours su au fond que je n’étais jamais seul
Qu’une sorte d’ambition, m’aidait à franchir quelques seuils
J’étais guidé sans l’avoir vu, par mon bonheur
Partout comme un vrai compagnon il était près de moi
Et même dans l’abandon il me donnait la joie
Il était le bouffon et moi j’étais le roi
Dans ces moments, la solitude n’existait pas
Je respirais la vie à plein poumon
Rien ne troublait mon petit monde
Ma vie tourbillonnait en plein cœur d’une ronde
J’avais trouvé sans l’avoir cru, le bonheur
Mais, dans les espoirs de mon enfance
Dans l’innocence de mon passé
Dans le trou noir de mes absences
Dans le silence de mes pensées
Et la souffrance d’un cœur brisé
Après avoir si longtemps cherché
J’ai par malheur perdu, mon bonheur.

Erick de Noailles

 


 

À la mémoire de…

 

La memoire

La mémoire.

Pendant des années, tu m’as permis de m’évader

Toute ma vie, j’ai senti ta présence à mon côté

Pour ressentir la joie, je faisais appel à toi

Dans mes moments de tristesse, tu étais encore là

Tu savais doser ma peine et mon fardeau trop lourd.

Changer ma gêne en un instant très court

À aucun moment je n’ai pris conscience que sans toi

Ce serait difficile, terrible et dur pour moi. Lire la suite

 


 

Écriture

Écriture cunéiforme

Écriture cunéiforme.

L’écriture

L’écriture transporte d’un sens à l’autre la pensée. La parole communique la pensée de la bouche à l’oreille par le son. L’écriture saisit le son insaisissable au passage, le transforme en signes ou en lettres. Finalement elle communique ainsi la pensée de la main aux yeux.

Les hiéroglyphes

Le déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens, que Champollion réalisa en 1822 après des siècles d’essais infructueux, a bouleversé la conception que l’Occident se faisait jusqu’alors de l’écriture. Non seulement ces figures pittoresques que l’on interprétait par tradition comme des symboles ou des copies réalistes se révélaient être des signes, mais on leur découvrait aussi une faculté qui semblait depuis toujours réservée en propre à l’alphabet, la transcription phonétique des mots. Le dessin d’une bouche pouvait se lire « bouche », mais il notait également le son r, le dessin d’une chouette le m, celui d’une caille le wJean-François Champollion dit Champollion le Jeune, né le à Figeac (Lot) et mort le à Paris. C’était un égyptologue français. passionné par l’Égypte. Premier à déchiffrer les hiéroglyphes, Champollion est considéré comme le père de l’égyptologie. Il disait de lui-même : « Je suis tout à l’Égypte, elle est tout pour moi ».

L’utilité de l’écriture

Lorsque les sociétés humaines ont émergé, le développement de l’écriture a été dicté par des exigences pragmatiques telles que l’échange d’informations, la tenue de comptes financiers, la codification des lois et l’enregistrement de l’historique. Vers le IVe millénaire avant notre ère, la complexité du commerce et de l’administration en Mésopotamie a dépassé la mémoire humaine et l’écriture est devenue un moyen plus fiable d’enregistrer et de présenter les transactions de manière permanente. En Égypte ancienne et en Amérique centrale , l’écriture peut avoir évolué à travers un calendrier et une nécessité politique pour l’enregistrement d’événements historiques et environnementaux.

L’écriture est un moyen de communication humaine qui représente le langage et les émotions avec des signes et des symboles. Dans la plupart des langues, l’écriture est un complément à la parole ou à la langue parlée . L’écriture n’est pas une langue, mais un outil permettant de faire lire les langues. Dans un système langagier, l’écriture repose sur plusieurs des mêmes structures que la parole, telles que le vocabulaire , la grammaire et la sémantique , auxquelles s’ajoute la dépendance d’un système de signes ou de symboles. Le résultat de l’écriture est appelé texte et le destinataire du texte est appelé lecteur . Les motivations pour écrire comprennent la publication , la narration , la correspondance, la tenue de dossiers et le journal . L’écriture a joué un rôle déterminant dans la préservation de l’ histoire , la préservation de la culture , la diffusion des connaissances par le biais des médias et la formation de systèmes juridiques.

Poésie Charlie Chaplin

Poésie Charlie Chaplin.

L’écriture artistique

L’écriture élevée à la position de réalisation artistique se partage en plusieurs domaines. Elle peut donner des romans, des livres, des synoptiques ou des récits. Et il y a le domaine particulier de la poésie. C’est l’art de créer des textes, dit poèmes, qui évoquent fortement des impressions, des émotions, etc…  Mais aussi l’ensemble des poèmes sert à exprimer quelque chose grâce :

  • Au rythme des mots (la « musique des mots ») ;
  • À des vers : alexandrins, etc. ; ou à la prose ;
  • Ou à l’harmonie des mots (combinaisons de sons, d’accents pour rendre un texte agréable à entendre) ;
  • Et même à des allitérations (répétitions d’une consonne), assonances (répétitions d’une voyelle), des rimes (répétitions d’un son en fin de vers)…
  • Puis à l’image des mots (représentations d’un objet, d’un être, d’un paysage, d’une idée par des figures de style) ;
  • Ou à des comparaisons ou des métaphores (modification du sens d’un mot pour exprimer une chose indirectement).

Caractéristiques de la poésie

La poésie a donc plusieurs caractéristiques :

  • texte court ;
  • art du langage ;
  • traduction de sentiments, d’émotions…
  • rimes ;
  • sonorités ;
  • figures de style.

Cependant, les poètes actuels n’utilisent souvent ni les rimes, ni les vers, ni une forme donnée comme un alexandrin ou un sonnet.

Vous pourrez trouver des poèmes sur ce site.

À la mémoire de…

La mémoire

La mémoire.

À la mémoire de…

(Poème d’Erick de Noailles)

(Insouciance)

Pendant des années, tu m’as permis de m’évader.
Toute ma vie, j’ai senti ta présence à mon côté.
Pour ressentir la joie, je faisais appel à toi.
Dans mes moments de tristesse, tu étais encore là.

Tu savais doser ma peine et mon fardeau trop lourd,
Changer ma gêne en un instant très court.
À aucun moment je n’ai pris conscience que sans toi
Ce serait difficile, terrible et dur pour moi.

C’est un cadeau, dont je n’avais même pas conscience.
Tu as grandi en moi, je ne soupçonnait pas ta présence.
Je ne savais même pas que tu étais si importante.
Aussi aujourd’hui ma solitude est dévorante.

(Désespérance)

Je sens plus fort que tout, ton abandon.
Pourquoi m’avoir quitté sans explication ?
Être partie si loin ? J’avais besoin de toi.
Comment te retrouver ? Faire, que tu sois encore là ?

Tu m’as laissé des signes pour me sentir moins seul.
Je ne peux vivre sans toi, dans le vide et la stupeur.
Tu n’es pas là et, pourtant, je ressens ton « aura ».
Pourquoi ne reviens-tu pas ? Devrais-je avoir peur de toi ?

Qu’ai-je fait de grave, pour que tu puisses me laisser là ?
Je n’existe pas sans toi, le vrai problème est là.
Comme un hors-la-loi, je me sent misérable.
Je suis comme aux abois, pauvre chien vulnérable.

(Renaissance)

Quand chaque matin, dans un demi-sommeil,
Je réalise que tu es loin, c’est l’angoisse qui m’éveille.
J’ai mal de te chercher, peur de ne plus te trouver.
Je suis comme un voilier, perdu dans l’immensité.

On dit  » qu’un seul être vous manque et tout est dépeuplé ».
Rien n’est plus vrai, ma vie sans toi est désolée.
Je m’aperçois aujourd’hui que tu n’es plus là,
Que je ne suis rien, perdu dans mon désarroi.

J’aurai dû penser à toi, protéger notre histoire.
Ne jamais te négliger, ni te perdre du regard.
Car quand tu m’abandonnes, seul à mon désespoir,
Je me sens perdu et je n’ai plus d’espoir.

C’est ainsi que nous sommes faits, négligeant en savoir.
Et quand l’esprit s’arrête, sans même vous dire au-revoir.
On se réveille peut-être, mais sans fierté et sans gloire,
Dans un mauvais tournoi, comme dans un étouffoir.

(Espérance)

Mais plus forte que notre histoire, plus grande que notre savoir.
Plus inaccessible que les étoiles, plus vain que la gloire
Et plus magnifique qu’un manoir, plus beau que notre espoir.
La plus belle chose au monde restera toujours… »La mémoire ».

Erick de Noailles

 

Petit mot sur l’auteur

A la suite d’une forte commotion, l’auteur a perdu la mémoire pendant quelques années. Il a vécu cette période comme une épreuve difficile. Les répercussions des pertes de mémoire sur son quotidien ont été importantes. Pour résoudre ses problèmes, il s’est forcé à entraîner sa mémoire, à la faire travailler pour l’améliorer et il a continué d’écrire de la poésie. Il a fait beaucoup d’effort pour s’en sortir seul.

Bittô

Bittô - Jeune fille dans la lande

Jeune fille dans la lande.

Bittô

(Poème d’Anna de Noailles)

Le bourdonnant été, doré comme du miel,
Parfumé de citrons, de résine et de menthe,
Balance au vent sucré son rêve sensuel
Et baigne son visage au clair de l’eau dormante.

Les pesants papillons ont alangui les fleurs,
Le cytise odorant et la belle mélisse
Infusent doucement dans la grande chaleur,
Le soleil joue et luit sur les écorces lisses ;

Les branches des sureaux et des figuiers mûris
S’emplissent du remous des abeilles fidèles…
Comme le jour est gai, comme la plaine rit !
Les prés chauds et roussis crépitent d’un bruit d’ailes.

Voici qu’on voit venir, le soleil sur les yeux,
La petite Bittô, la danseuse aux crotales ;
La blancheur du chemin plaît à ses pieds joyeux
Que la poussière brûle au travers des sandales.

Son voile est de lin vert comme un nouveau raisin,
Sa robe est attachée à son épaule frêle,
La beauté du matin enorgueillit son sein
Et son cœur est content comme une sauterelle.

Ses boîtes de parfums et son petit miroir
Font un bruit de cailloux au fond de sa corbeille ;
Elle danse en marchant et s’amuse de voir
Des bords de chaque fleur s’envoler des abeilles.

Ah ! Bittô,

Quel désir mène tes pieds distraits
Aux dangereux sentiers de la campagne ardente ?
D’invisibles Éros habitent les forêts,
Et des poisons subtils montent du cœur des plantes.

Retourne te mêler aux travaux du matin,
Car l’heure de midi promptement s’achemine,
Ou bien va regarder dans ton petit jardin
Si la nuit a mûri les vertes aubergines…

Mais, rieuse et nouant ses deux mains à son cou,
Bittô n’écoute pas les prudentes paroles ;
Le vent joueur s’enroule autour de ses genoux
Et fait un bruit soyeux comme un ruban qui vole.

Le baume végétal qui flotte dans l’air bleu
Enduit d’un miel léger son âme complaisante
Elle vient, au travers des épis onduleux,
S’asseoir près d’un étang où rêve l’eau luisante.

Avides de s’unir au glorieux été,
La pivoine touffue et l’anémone rose
Se pâment de désir et semblent rejeter
Le lâche vêtement des corolles décloses.

Quelle silencieuse et palpitante ardeur
Rôde autour de vos pieds, vous guette et vous accueille,
Bittô ? Le soleil gonfle et mûrit votre cœur ;
Votre cœur est tremblant comme un buisson de feuilles.

Du flanc de la colline où le cassis bleuit,
Voici Citron, qui vient faire boire ses chèvres
A l’étang où Bittô, sous la feuille qui luit,
S’amuse à retenir l’eau vive entre ses lèvres.

Il s’est approché d’elle, il lui dit :  » Ma Bittô,
Prends ce fromage, blanc et rond comme la lune,
La noix que j’ai sculptée au bout de mon couteau
Et le panier de jonc où je mettais mes prunes. « 

Il lui fait de hardis et timides serments,
Il l’entoure, il la presse, il tient ses mains, il joue…
– Et Bittô, déjà lasse et faible infiniment,
Se couche dans ses bras et lui baise la joue…

Comme elle est grave et pâle après l’âpre union !

Ô vous,

dont la pudeur tristement fut surprise,
Tendre corps plein de trouble et de confusion,
Bittô, je vous dirai votre grande méprise :

Le rude et lourd baiser dont parlent les chansons
Ne guérit pas le mal dont vous étiez atteinte ;
Votre langueur venait de la verte saison,
Du parfum des mûriers et des chauds térébinthes.

Pensant vous délasser d’un tourment inconnu
Qui vous venait des champs, des feuilles, de la terre,
Vous avez sans prudence attaché vos bras nus
Au cou du chevrier dont l’étreinte est amère ;

Amoureuse du jour vivant et de clarté,
Vous avez cru pouvoir apaiser sur sa bouche,
Diseuse de mensonge et de frivolités,
Votre désir de l’air, des fleurs, de l’eau farouche ;

Sentant que votre cœur, si lourd et si dolent,
Pesait à votre sein comme un nid aux ramures,
Vous avez cru qu’aux mains du berger violent
Il pourrait s’effeuiller comme une rose mûre…

Ah ! Bittô,

quelle ardeur et quelle volupté
Auraient donc pu guérir votre malaise insigne ?
L’amant que vous vouliez, c’était le tendre Été
Saturé d’aromate et de l’odeur des vignes !

Anna de Noailles

Poésies du dix-neuvième siècle

Auteurs de poésies

 

Poésies d’Anna de Noailles (1876-1933)

 

Poésies - Anna de Noailles

Anna de Noailles.

Qui était-elle ?

D’origine gréco-roumaine, Anna de Noailles est née à Paris, où elle vécut de 1876 jusqu’à sa mort, en 1933.

Anna de Noailles composa :

  • Neuf recueils de poèmes.
  • Trois romans (dont le savoureux Visage émerveillé, en 1904).
  • Un livre combinant histoires courtes et méditations sur les relations hommes-femmes (Les Innocentes, ou La Sagesse des femmes, 1923).
  • Un recueil de proses poétiques (Exactitudes, 1930).
  • Et une autobiographie couvrant son enfance et son adolescence (Le Livre de ma vie, 1932).

Distinctions

Anna de Noailles fut la seule femme poète de son temps à recevoir les plus hautes distinctions publiques. Des jugements critiques ultérieurs confirment que cette reconnaissance était méritée. Reflétant la situation d’Anna de Noailles entre romantisme et modernisme, un écart entre forme et contenu caractérise sa poésie. En effet, des concepts et des images dynamiques s’efforcent de dissoudre une structure qui reste largement classique.

Elle s’engage dans un dialogue avec son héritage littéraire français tout en trouvant une source d’inspiration dans le paganisme grec. En puisant dans la pensée radicale de Nietzsche, Anna de Noailles est parvenue à construire une vision poétique originale. Son œuvre peut être décrite en termes dionysiens – extatique, sensuelle, érotique, ludique, quelquefois violente. Elle toujours marquée par un courant tragique qui devient plus manifeste vers la fin de sa vie.

A la nuit
Bittô
Dissuasion
Il fera longtemps clair ce soir
Il n’est pas un instant
L’ardeur
L’automne
L’empreinte
L’hiver
L’innocence
L’inquiet désir
L’offrande à la nature
L’orgueil
La chaude chanson
La cité natale
La conscience
La jeunesse
La journée heureuse
La mort dit à l’homme…
La mort fervente
La nuit, lorsque je dors
La tristesse dans le parc
La vie profonde
Le baiser
Le cœur
Le jardin et la maison
Le pays
Le repos
Le temps de vivre
Le verger
Les parfums
Les paysages
Les rêves
Les saisons et l’amour
Ô lumineux matin
Paroles à la lune
Plainte
Soir d’été
Vivre, permanente surprise !
Voix intérieure
Vous êtes mort un soir

 

Poésies - ERICK de NOAILLES

Poésies d’Anna de Noailles

Anna de Noailles (1876-1933)

 

Recueil de poésies - Anna de Noailles

Anna de Noailles.

Auteure de poésies, la comtesse Anna-Élisabeth de Noailles, née Bibesco Bassaraba de Brancovan, est aussi une romancière française. Elle est d’origine roumaine. Elle a compté pour bon nombre de personnage connu, voir célèbre. Née à Paris le elle meurt à Paris le .

Une famille et des poésies

Ses parents

Elle vit le jour au 22 boulevard de La Tour-Maubourg à Paris. Elle est descendante des familles de boyards Bibescu de Roumanie. Anna de Noailles est la fille d’un expatrié roumain âgé de 50 ans. Le prince Grégoire Bibesco Bassaraba de Brancovan. Lui-même fils du prince valaque Georges Bibesco (En roumain: Gheorghe Bibescu). Sa mère est la princesse Zoé Bassaraba de Brancovan (en roumain: Brâncoveanu). Elle a eu Anna à l’age de 21 ans. Zoé Bassaraba de Brancovan est la pianiste grecque née à Constantinople Raluca Moussouros (ou Rachel Musurus). Paderewski lui a dédié nombre de ses compositions.
Sa tante, la princesse Hélène Bibesco, a joué un rôle actif dans la vie artistique parisienne. De la fin du XIXe siècle jusqu’à sa mort en 1902. Anna de Noailles est la cousine germaine des princes Emmanuel et Antoine Bibesco, amis intimes de Proust.

Avec son frère aîné Constantin et sa sœur cadette Hélène, Anna de Brancovan mène une vie privilégiée.

Son enfance

Elle reçoit son instruction presque entièrement au foyer familial, parle l’anglais et l’allemand en plus du français et a une éducation tournée vers les arts, particulièrement la musique et les poésies. La famille passe l’hiver à Paris et le reste de l’année dans sa propriété, la Villa Bassaraba à Amphion, près d’Évian sur la rive sud du lac Léman.

Les poésies d’Anna de Noailles porteront plus tard témoignage de sa préférence pour la beauté tranquille et l’exubérance de la nature des bords du lac sur l’environnement urbain dans lequel elle devra par la suite passer sa vie. Elle a écrit plus tard quelques poésies à ce sujet.

Recueil de poésies - La contesse Anna de Noailles

La contesse Anna de Noailles.

Son mariage

Le 17 août 1897 Anne-Élisabeth, dite Anna, épouse à l’âge de 19 ans le comte Mathieu de Noailles (1873-1942), quatrième fils du septième duc de Noailles. Le couple, qui fait partie de la haute société parisienne de l’époque, aura un fils, le comte Anne Jules (1900-1979) et un petit fils, le comte Erick (1956).

Sa vie

Anna de Noailles fut la muse et entretint une liaison avec Henri Franck normalien et auteur de poésies patriote proche de Maurice Barrès, frère de Lisette de Brinon et cousin d’Emmanuel Berl, mort de tuberculose à 24 ans en 1912.

Elle fut également rendue responsable du suicide, en 1909, du jeune Charles Demange, un neveu de Maurice Barrès qui souffrait pour elle d’une passion dévorante qu’elle ne partageait pas.

Au début du XXe siècle, son salon de l’avenue Hoche attire l’élite intellectuelle, littéraire et artistique de l’époque parmi lesquels Edmond Rostand, Francis Jammes, Paul Claudel, Colette, André Gide, Maurice Barrès, René Benjamin, Frédéric Mistral, Robert de Montesquiou, Paul Valéry, Jean Cocteau, Léon Daudet, Pierre Loti, Paul Hervieu, l’abbé Mugnier ou encore Max Jacob, Robert Vallery-Radot et François Mauriac. C’est également une amie de Georges Clemenceau.

En 1904, avec d’autres femmes, parmi lesquelles Jane Dieulafoy, Julia Daudet, Daniel Lesueur, Séverine et Judith Gautier, fille de Théophile Gautier, elle crée le prix « Vie Heureuse », issu de la revue La Vie heureuse, qui deviendra en 1922 le prix Fémina, récompensant la meilleure œuvre française écrite en prose ou le meilleur recueil de poésies. Elle en est la présidente la première année, et laisse sa place l’année suivante à Jane Dieulafoy.

Sa mort

Tombe d'Anna de Noailles - cimetière du père Lachaise à Paris

Tombe d’Anna de Noailles – Cimetière du Père Lachaise à Paris.

Elle meurt en 1933 dans son appartement du 40 rue Scheffer (avant 1910, elle habitait au 109 avenue Henri-Martin) et est inhumée au cimetière du Père-Lachaise à Paris, mais son cœur repose dans l’urne placée au centre du temple du parc de son ancien domaine d’Amphion-les-Bains.

Ses titres honorifiques

Elle fut la première femme commandeur de la Légion d’honneur ; la première femme reçue à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique (au fauteuil 33 ; lui ont succédé Colette et Cocteau).

Elle était aussi membre de l’Académie roumaine. En 1902, elle reçoit le prix Archon-Despérouses. En 1920, son premier recueil de poèmes (Le Cœur innombrable) est couronné par l’Académie française. Durant l’année 1921, elle en reçoit le Grand prix de littérature. Plus tard, l’Académie française créera un prix en son honneur.

Elle a été décorée de l’ordre du Sauveur de Grèce et de Pologne.

Son œuvre, ses poésies

Anna de Noailles a écrit :

Trois romans :

  • La Nouvelle Espérance (1903)
  • Le Visage émerveillé (1904)
  • La Domination (1905)

Une autobiographie :

Le Livre de ma vie (1932)

Un grand nombre de poésies :

  • Le Cœur innombrable (1901)
  • L’Ombre des jours (1902)
  • Les Éblouissements (1907)
  • De la rive d’Europe à la rive d’Asie (1913)
  • Les Forces éternelles (1920)
  • Poème de l’amour (1924)
  • Passions et Vanités (1926)
  • L’Honneur de souffrir (1927)
  • Exactitudes (Grasset, 1930)
  • Choix de poésies, Fasquelle (1930)
  • Derniers Vers (1933)
  • Les Vivants et les Morts (1913)
  • Poèmes d’enfance (1929)
  • Les Innocentes, ou la Sagesse des femmes (1923)

Son lyrisme passionné s’exalte dans une œuvre de poésies qui développe, d’une manière très personnelle, les grands thèmes de l’amour, de la nature et de la mort.

Témoignages de contemporains

« Impossible de rien noter de la conversation. Mme de Noailles parle avec une volubilité prodigieuse ; les phrases se pressent sur ses lèvres, s’y écrasent, s’y confondent ; elle en dit trois, quatre à la fois. Cela fait une très savoureuse compote d’idées, de sensations, d’images, un tutti-frutti accompagné de gestes de mains et de bras, d’yeux surtout qu’elle lance au ciel dans une pâmoison pas trop feinte, mais plutôt trop encouragée. (…) Il faudrait beaucoup se raidir pour ne pas tomber sous le charme de cette extraordinaire poétesse au cerveau bouillant et au sang froid. »

André Gide, Journal, 20 janvier 1910, Gallimard (Folio : Une anthologie), 1951/2012, p. 109-110.

« Mme Mathieu de Noailles aime les approbations (…) Elle voudrait la croix, l’Arc de Triomphe, être Napoléon. C’est l’hypertrophie du moi. Mais elle est le déchaînement, aurait dû vivre à l’époque alexandrine, byzantine. c’est une fin de race. De plus elle voudrait être aimée de tous les hommes qui aiment d’autres femmes qu’elle (…), elle aurait dû épouser le soleil, le vent, un élément. »

Abbé Mugnier, Journal, 24 novembre 1908 – Mercure de France, coll. « Le Temps retrouvé », 1985, p. 174

« Achevé le roman : Le Visage émerveillé (…) pour la forme, il y a là du nouveau, des instantanés, et des inattendus. Des sensations qui deviennent des sentiments. Des couleurs, des saveurs, des odeurs prêtées à ce qui n’en avait pas jusqu’ici. Mme de Noailles a renchéri sur Saint-François d’Assise : elle se penche encore plus bas, elle dit au melon blanc :  » Vous êtes mon frère », à la framboise,  » Vous êtes ma sœur » ! Et il y a encore et surtout des joies subites, des désirs qui brûlent, de l’infini dans la limite… »

Abbé Mugnier, Journal, 1er décembre 1910, p. 197

« Le poète des Éblouissements était au lit, dans une chambre sans luxe (…) Une volubilité d’esprit et de paroles qui ne me permettait pas toujours de la suivre (…) Elle m’a dit combien elle aimait Michelet, l’idole préférée, admire Victor Hugo, aime moins Lamartine, admire Voltaire, Rousseau, préfère George Sand à Musset (…) Aujourd’hui, elle n’a plus de vanité (…) Même ses vers les plus lyriques sur le soleil, elle les écrivait avec le désir de la mort. Elle n’était pas joyeuse… Très amusantes anecdotes sur la belle-mère, à Champlâtreux, contées avec un esprit voltairien (…) Elle avait pensé à cette chapelle en écrivant le Visage émerveillé. Elle a écrit sur la Sicile des vers encore inédits (…) à l’intelligence, elle préfère encore la bonté ». »

Abbé Mugnier, Journal, 2 décembre 1910, p. 198 et 199

« Elle était plus intelligente, plus malicieuse que personne. Ce poète avait la sagacité psychologique d’un Marcel Proust, l’âpreté d’un Mirbeau, la cruelle netteté d’un Jules Renard. »

Jean Rostand, préface à Choix de poésies d’Anna de Noailles, 1960

« Sacha Guitry admirait infiniment Mme de Noailles, mais qui n’admirait pas Anna de Noailles ? C’était un personnage extraordinaire, qui avait l’air d’un petit perroquet noir toujours en colère, et qui ne laissait jamais placer un mot à personne. Elle recevait dans son lit, les gens se pressaient en foule dans sa ruelle […] et cela aurait pu être un dialogue étourdissant mais c’était un monologue bien plus étourdissant encore […] Sacha m’a dit d’elle : quand on l’entend monter l’escalier on a toujours l’impression qu’il y a deux personnes en train de se parler, et quand elle redescend, il semble qu’une foule s’éloigne. »

— Hervé Lauwick, Sacha Guitry et les femmes

« Elle surgit d’une porte-fenêtre, précédée d’une multitude de cousins multicolores comme dans un ballet russe. Et elle avait l’air d’une fée-oiselle condamnée par le maléfice d’un enchanteur à la pénible condition de femme (…). Il me semblait que si j’avais pu prononcer le mot magique, faire le geste prescrit, elle eût, recouvrant son plumage originel, volé tout droit dans l’arbre d’or où elle nichait, sans doute, depuis la création du monde (…). Elle ne m’écoutait pas. Il était rare qu’elle le fit. Malheureusement, elle n’avait pas besoin d’écouter pour comprendre. (…). Je reçus tout à coup, en pleine figure, ses énormes yeux, elle rit de toutes ses dents et me dit : « Comment pouvez-vous aimer les jeunes filles, ces petits monstres gros de tout le mal qu’ils feront pendant cinquante ans ? »

Emmanuel Berl, Sylvia, Gallimard, 1952, réédition 1994, p. 89-90

« Octave Mirbeau la ridiculise dans La 628-E8 (passage repris dans la Revue des Lettres et des Arts du 1er mai 1908), la montrant comme une « idole » entourée de « prêtresses » : « Nous avons en France, une femme, une poétesse, qui a des dons merveilleux, une sensibilité abondante et neuve, un jaillissement de source, qui a même un peu de génie… Comme nous serions fiers d’elle !… Comme elle serait émouvante, adorable, si elle pouvait rester une simple femme, et ne point accepter ce rôle burlesque d’idole que lui font jouer tant et de si insupportables petites perruches de salon ! Tenez ! la voici chez elle, toute blanche, toute vaporeuse, orientale, étendue nonchalamment sur des coussins… Des amies, j’allais dire des prêtresses, l’entourent, extasiées de la regarder et de lui parler.

L’une dit, en balançant une fleur à longue tige :

– Vous êtes plus sublime que Lamartine ! / — Oh !… oh !… fait la dame, avec de petits cris d’oiseau effarouché… Lamartine !… C’est trop !… C’est trop !

– Oui plus triste que Vigny ! / — Oh ! chérie !… chérie !… Vigny !… Est-ce possible ?

– Ou plus barbare que Leconte de Lisle… plus mystérieuse que Mæterlinck ! / — Taisez-vous !… Taisez-vous !

– Mais aussi plus universelle que Hugo ! / — Hugo !… Hugo !… Hugo !… Ne dites pas ça !… C’est le ciel !… c’est le ciel !

– Et encore plus divine que Beethoven !… / — Non… non… pas Beethoven… Beethoven !… Ah ! je vais mourir !

Presque pâmée, elle passe ses doigts longs, mols, onduleux, dans la chevelure de la prêtresse qui continue ses litanies, éperdue d’adoration. — Encore ! encore !… Dites encore ! » »

Octave Mirbeau, La 628-E8, 1907, réédition Éditions du Boucher, 2003, p. 400.

L’orientation de ce portrait est reprise par l’ambassadeur de France à Bucarest le comte de Saint-Aulaire, dans ses mémoires qui loin de louer ses recueil de poésies, la montre sans-gêne, prétentieuse et monopolisant la conversation.

Charles Maurras fait d’Anna de Noailles l’une des quatre femmes de lettres qu’il prend comme exemplaires du romantisme féminin dont il voit une résurgence à la fin du XIXe siècle, aux côtés de Renée Vivien, Marie de Régnier et Lucie Delarue-Mardrus. Ces qualités sont aussi vantées par les travaux de la critique littéraire antiféministe Marthe Borély.

Anna de Noailles des poésies pour la postérité

Les établissements d’enseignement suivants portent son nom :

Un square, le square Anna-de-Noailles, à Paris, dans le 16e arrondissement, porte son nom en sa mémoire.

Quelques poésies

d’Anna de Noailles

A la nuit
Bittô
Dissuasion
Il fera longtemps clair ce soir
Il n’est pas un instant
L’ardeur
L’automne
L’empreinte
L’hiver
L’innocence
L’inquiet désir
L’offrande à la nature
L’orgueil
La chaude chanson
La cité natale
La conscience
La jeunesse
La journée heureuse
La mort dit à l’homme…
La mort fervente
La nuit, lorsque je dors
La tristesse dans le parc
La vie profonde

Le baiser
Le cœur
Le jardin et la maison
Le pays
Le repos
Le temps de vivre
Le verger
Les parfums
Les paysages
Les rêves
Les saisons et l’amour
Ô lumineux matin
Paroles à la lune
Plainte
Soir d’été
Vivre, permanente surprise !
Voix intérieure
Vous êtes mort un soir

 

 

ERICK de NOAILLES

Poésies du XXIème siècle

Erick de Noailles

Erick de Noailles

Erick de Noailles.

D’origine française, Erick François de Noailles est née à Paris dans un hôtel particulier au 11 place des États-Unis. Vicomte de Noailles, il est le fils de Arthur Anne Marie Charles de Noailles prince de Poix, et de Madeleine-Marie-Isabelle Dubois de Courval. (1866-1900). Son arrière grand-mère est la poétesse Anna de Noailles.

Généalogie depuis Anna de Noailles

  • Mathieu de NoaillesAnna de Noailles.
  • Anne Jules Emmanuel Grégoire de Noailles – Hélène Catherine de Wendel.
  • François Joseph Eugène Napoléon de Noailles – Madeleine-Marie-Isabelle Dubois de Courval.
    • Henri Antoine Marie de Noailles – Marie de La Rochefoucauld.
      • Philippe (1922-2011), duc de Mouchy, prince-duc de Poix.
      • Philippine (1925), qui épousa (1946) Jean-Louis Sébastien Hubert, marquis de Ganay (1922).
      • Sabine (1931-2010), qui épousa (1953) Nicolas Wyrouboff (1915-2009), français libre et Compagnon de la Libération.
    • Arthur Anne Marie Charles de Noailles – Madeleine-Marie-Isabelle Dubois de Courval.
      • Laure de Noailles.
      • Nathalie de Noailles.
      • Erick François de Noailles.
    • Antoine Henri Alexis Marie de Noailles (né et mort en 1893)
    • Philippine Marie Cécile Douce de Noailles – le prince Eugène II de Ligne (1893-1960).

Un poète

Comme sa grand-mère il est écrivain et poète. Son style est différent mais il a composé quelques petits chef-d’œuvre de littérature. Il est l’auteur de :

  • Neuf recueils de poèmes.
  • Deux romans.
  • Un livre d’histoire sur la noblesse française.
  • Et un autobiographie couvrant son enfance et son adolescence.

La poésie, de façon générale, est l’art de créer des textes, dit poèmes, qui évoquent fortement des impressions, des émotions, etc… C’est aussi l’ensemble des poèmes servant à exprimer quelque chose grâce au :

  • Rythme des mots (la « musique des mots ») ;
  • Des vers : alexandrins, etc. ; ou à la prose ;
  • L’harmonie des mots (combinaisons de sons, d’accents pour rendre un texte agréable à entendre) ;
  • Des allitérations (répétitions d’une consonne), assonances (répétitions d’une voyelle), des rimes (répétitions d’un son en fin de vers)…
  • L’image des mots (représentations d’un objet, d’un être, d’un paysage, d’une idée par des figures de style) ;
  • Des comparaisons ou des métaphores (modification du sens d’un mot pour exprimer une chose indirectement).

 

Quelques poésies d’Érick de Noailles

L’amour tendresse

La femme qui s’éveille

Le bonheur

Le beau matin

Le bonheur perdu

À la mémoire de…

 

A la nuit.

L'inconnue de la nuit de venise

L’inconnue de la nuit de Venise.

À la nuit

(Poème d’Anna de Noailles)

Nuits où meurent l’azur, les bruits et les contours,
Où les vives clartés s’éteignent une à une,
Ô nuit, urne profonde où les cendres du jour
Descendent mollement et dansent à la lune,

Jardin d’épais ombrage, abri des corps déments,
Grand cœur en qui tout rêve et tout désir pénètre
Pour le repos charnel ou l’assouvissement,
Nuit pleine des sommeils et des fautes de l’être,

Nuit propice aux plaisirs, à l’oubli, tour à tour,
Où dans le calme obscur l’âme s’ouvre et tressaille
Comme une fleur à qui le vent porte l’amour,
Ou bien s’abat ainsi qu’un chevreau dans la paille,

Nuit penchée au-dessus des villes et des eaux,
Toi qui regardes l’homme avec tes yeux d’étoiles,
Vois mon cœur bondissant, ivre comme un bateau,
Dont le vent rompt le mât et fait claquer la toile !

Regarde, nuit dont l’œil argente les cailloux,
Ce cœur phosphorescent dont la vive brûlure
Éclairerait, ainsi que les yeux des hiboux,
L’heure sans clair de lune où l’ombre n’est pas sûre.

Vois mon cœur plus rompu, plus lourd et plus amer
Que le rude filet que les pêcheurs nocturnes
Lèvent, plein de poissons, d’algues et d’eau de mer
Dans la brume mouillée, agile et taciturne.

A ce cœur si rompu, si amer et si lourd,
Accorde le dormir sans songes et sans peines,
Sauve-le du regret, de l’orgueil, de l’amour,
Ô pitoyable nuit, mort brève, nuit humaine !…

Anna de Noailles.

 

Petit mot sur l’auteur

L’œuvre d’Anna de Noailles se compose essentiellement d’une autobiographie, de romans (3) et d’un grand nombre de poèmes. Elle possède une style bien particulier articulé autour d’un lyrisme passionné et exalté. Elle développe ses textes dans un français impeccable qui exaltent dans une œuvre très personnelle les thèmes universels de la poésie. C’est ainsi qu’elle visite l’amour, la nature et la mort.

Dans les années 1900, son salon de l’avenue Hoche attire l’élite intellectuelle, littéraire et artistique de l’époque parmi lesquels Edmond Rostand, Francis Jammes, Paul Claudel, Colette, André Gide, Maurice Barrès, Frédéric Mistral, Robert de Montesquiou, Paul Valéry, Jean Cocteau, Alphonse Daudet, Pierre Loti, Paul Hervieu, l’abbé Mugnier ou encore Max Jacob. C’est également une amie proche de Clemenceau.

En 1904, avec d’autres femmes telles que Mme Alphonse Daudet et Judith Gautier (la fille de Théophile Gautier), Anna de Noailles créa le prix « Vie Heureuse », issu de la revue du même nom, qui deviendra plus tard le prix Fémina, récompensant la meilleure œuvre française écrite en prose ou en poésie.