Le bonheur perdu

 

J’ai découvert sans l’avoir su, mon bonheur

Il était là, tapi au fond de moi

Je l’avais en moi et je ne le savais pas

Je l’ai trouvé un jour sans savoir qui il était

Il est sorti si vite, comme un renard dans un fourré

Prudent comme un nouveau-né

Timide comme une jeune mariée

Je l’ai attrapé, et plus jamais lâché

J’avais trouvé, et je l’ai tu, mon bonheur

Il a grandi en moi à l ‘age de l’innocence

De mes moments de joie, il en était l’essence

Il me faisait rire, sourire, prendre goût à la vie

Et si parfois l’envie me prenait de partir

Il m’aidait en partie à croire en l’avenir

J’ai toujours su au fond que je n’étais jamais seul

Qu’une sorte d’ambition, m’aidait à franchir quelques seuils

J’étais guidé sans l’avoir vu, par mon bonheur

Partout comme un vrai compagnon il était près de moi

Et même dans l’abandon il me donnait la joie

Il était le bouffon et moi j’étais le roi

Dans ces moments, la solitude n’existait pas

Je respirais la vie à plein poumon

Rien ne troublait mon petit monde

Ma vie tourbillonnait en plein cœur d’une ronde

J’avais trouvé sans l’avoir cru, mon bonheur

Mais, dans les espoirs de mon enfance

Dans l’innocence de mon passé

Dans le trou noir de mes absences

Dans le silence de mes pensées

Et la souffrance d’un cœur brisé

Après avoir si longtemps cherché

J’ai par malheur perdu, mon bonheur.

 

Erick de Noailles.

Le beau matin

 

Dans la grisaille du matin, je regardais par la fenêtre

Le regard embrumé de sommeil, tournant la manivelle

J’étais absent, le lent mouvement de la persienne

Les yeux portant au loin, au-delà de ce qui paraît être

Je devinais la nature, qui semblait endormie et blême.

 

Cet arbre qui s’agite lentement sous la brise du matin

Comme si, lui aussi s’étonnait de voir bouger quelqu’un,

La grande cour vide, comme une autoroute sans fin

Au milieu d’un immense et solitaire désert de sable fin

S’étire paresseuse, et semble disparaître dans le lointain

 

Tous ces chênes qui l’entourent, puissants et tranquilles

Donnent l’impression de menacer quiconque oserait venir

Troubler le calme et la quiétude de ce moment paisible.

 Sous la caresse du vent matinal, ils frissonnent eux aussi.

Aucun son, aucun bruit, la vie semble encore endormie.

 

Soudain un oiseau chante, un autre s’envole brusquement

Un coq dans le lointain, d’un cri hésitant, porté par le vent,

 Semble avertir craintif, qu’un des plus grands évènements

Accompagnant la brise du matin, et en prenant son temps,

Prépare inexorablement le monde et son endormissement.

 

Brusquement, l’orient se teinte de rouge à travers les arbres

On les dirait s’embraser seuls au cœur d’une île de flammes.

Le soleil livre un combat victorieux contre les ténèbres du soir

De l’or glisse dans les chênes, quelques heures avant, blafards

Et au beau milieu du cercle de lumière, volent des ombres noires

 

Nuée frémissante, flottant au vent du matin, comme réanimée

Par la chaleur de l’astre lumineux, redonnant la vie au ciel d’été

Le battement de leurs ailes, comme alanguis par la nuit passée

Redevient vif et frétillant. Leurs petits cris de plaisir satisfaits

Redonnent au silence jusque là pesant, comme un air de gaieté

 

La vie paraît renaître en même temps que renaissent les couleurs

Les arbres s’agitent comme s’ils se remettaient à croire au bonheur

Dans la cour, quelques instants auparavant, sans vie et sans chaleur,

On peut voir s’envoler tous les oiseaux du parc, désormais sans peur.

Et… quelques secondes après… la nature sortit de sa torpeur…

 

Erick de Noailles.

Le bonheur

 

Il est partout autour de toi.

Dans un sourire dans une voix.

Derrière un mot ou une phrase.

Dans un sanglot, dans une larme.

Derrière un geste de tendresse.

Ou dans un reste de tristesse.

Il ne se calcule pas.

Il ne se demande pas.

Il se découvre un jour.

Grandit avec l’amour.

Et même s’il se vit discrètement.

Il n’en est que plus éclatant.

C’est dans toutes ces couleurs.

Qu’on reconnaît le bonheur.

 

Erick de Noailles.

L’amour tendresse

 

Un beau jour on s’ouvre à la vie

Tout paraît beau et lumineux

On apprend chaque chose et chaque envie

Tout est neuf et merveilleux

On passe d’une vie solitaire et sans amis

À la richesse extraordinaire d’une vie à deux

Et même si la vie se charge de nos envies

Même si le temps rend moins beau et lumineux

Il reste un amour fort, un attachement solide

Une tendresse infinie qu’on peut lire dans ses yeux

 

Erick de Noailles.