Ma sirène, son altesse

Ma sirène - Jeune fille mystère

Jeune fille mystère.

Ma sirène, son altesse

(Poème d’Erick de Noailles)

Ma sirène

Dans le vaste océan de la vie, j’ai rencontré un soir, une sirène exceptionnelle,
Une figure de proue, si jolie, aussi belle qu’une image rare, que l’on admire sans gêne.
Elle semblait braver toutes les tempêtes, s’enfonçant au ras des mers, pour ressortir plus fière.
Aucune vague ne semblait la distraire, on la disait faite de fer, solide, tranquille et ferme.

J’ai eu la chance de la côtoyer, oui de pouvoir lui parler, oser la déranger.
Elle, qui semblait toujours pressée, de son air doux m’a regardé, s’est immobilisée.
Elle a cessé sa fuite en avant, m’accordant un peu de temps, nous avons discuté.
Derrière elle soufflait encore le vent, il allait s’amoindrissant, puis il s’est arrêté.

Enfin dans le silence apaisant, elle m’offrit sa jolie voix, gracile comme du verre.
Je lui expliquai mon étonnement, lui dévoilant mon émoi, face à un tel mystère.
Comment pouvait-on être, à la fois, si forte, et aussi fragile qu’un cristal de bohème ?
J’appris que souvent, ce que l’on voit, n’est pas forcément facile, à faire ou à défaire.

Si elle fonçait si fort dans les vagues, c’était pour elle la seule voie, il fallait affronter.
Si toujours elle devait être là, c’est qu’elle n’avait pas le choix, faire face ou s’échouer.
Mais il y avait cette dualité, paraître forte comme l’acier ou être limitée.
Parer à toute éventualité, alors qu’elle ne rêvait, que de tranquillité.

Derrière l’apparente solidité, se cachait l’humanité, d’un être plein de tendresse.
Ce monument de volonté, cachait la fine fragilité d’une jeune fille en détresse.
De ses si jolis yeux rayonnants, émanait la douceur tendre d’une véritable altesse.
Son port de tête, naturel pourtant, confirmait innocemment l’ascendance d’une reine.

Envoyée brutalement, dans ce monde fait pour les grands, elle avait dû lutter.
Balancée tout aussi brusquement, dans la vie, sans expérience, elle devait se sauver.
Ses cheveux mi-longs couleur de geai, ajouté à sa beauté, ne pouvait qu’attirer
Sur elle, toutes les calamités, qu’une jeune fille sans attraits n’aurait su attiser.

Son altesse

Elle n’avait pas appris à pleurer, pourtant c’était dans les larmes, comme une pauvre princesse.
Qu’elle trouvait refuge et se cachait, déposant enfin ses armes, semblable à une guerrière.
Pensant ses plaies comme elle le pouvait, à la suite d’une bataille, dont elle devait renaître
Pendant de brefs moments, elle pensait ne plus avoir de courage, pour partir à la guerre.

Son pas volontaire en disait long, sa volonté l’emportait, sans cesse elle repartait.
Même si les autres étaient en surnombre, elle s’engageait sans savoir, que tout était truqué.
Tous ses ennemis étaient légion, son amour qui s’enfuyait, ses amis qui partaient,
Ses doux sentiments laissés pour compte, la tristesse qui revenait, son chagrin au rabais.

Comme un matador dans une arène, cernée de tous côtés, elle vivait sa hardiesse.
Elle faisait virevolter sa cape, et esquivait aux aguets, la charge sans mollesse,
De cette formidable montagne de haine, qui revenait sans arrêt, l’assaillir avec rudesse.
Elle avait appris d’El Cordobes lui-même, que l’on peut esquiver, et faire preuve de noblesse.

Puis ma belle sirène s’en est allée, bien trop jeune et trop blessée, j’aurais voulu l’aider
Mais mes fardeaux m’en ont empêchés, j’étais moi-même transpercé, de flèches empoisonnées
Si vos chemins devaient se croiser, dites-lui que toujours, mes pensées, lui seront adressées
Que jamais je ne pourrais l’oublier, que ma vie elle a marquée, toujours et à jamais.

Erick de Noailles.